Bâtir en forêt dans les Laurentides : garder ses arbres et construire au bon endroit
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En bref
Pour bâtir sur un terrain boisé des Laurentides, on place la maison, l’entrée et l’installation septique de façon à couper le moins d’arbres possible, puis on protège ceux qui restent pendant le chantier. L’abattage est encadré par les municipalités : à Saint-Sauveur, par exemple, couper un arbre doit être justifié. Sans égout municipal, l’installation septique suit le règlement Q-2, r. 22 : permis, étude du terrain signée par un professionnel et vidange de la fosse au moins tous les 2 ans (tous les 4 ans en usage saisonnier).
Pourquoi garder le plus d’arbres possible?
Pour la Ville de Saint-Sauveur, les arbres et leur canopée sont essentiels pour capter le carbone, créer des îlots de fraîcheur et maintenir la biodiversité. La Société internationale d’arboriculture du Québec ajoute des avantages concrets pour une maison : l’ombre des arbres abaisse la température intérieure l’été et rend la climatisation moins nécessaire, les arbres empêchent l’érosion du sol, et les propriétés qui ont des arbres matures se vendent plus rapidement que des propriétés semblables sans arbres.
Pendant un chantier, le point faible d’un arbre, ce sont ses racines : environ 70 % d’entre elles se trouvent dans les 30 premiers centimètres du sol, rappelle le guide de Saint-Sauveur.
Faut-il un permis pour couper des arbres?
Renseignez-vous toujours avant de couper. La Loi sur l’aménagement et l’urbanisme permet à une municipalité, par son règlement de zonage, et à une MRC de régir ou de restreindre l’abattage d’arbres pour protéger le couvert forestier (Gouvernement du Québec). Trois exemples dans les Pays-d’en-Haut :
- Saint-Sauveur exige que l’abattage soit justifié : arbre mort ou dont plus de 50 % de la cime dépérit, arbre dangereux, nuisance sérieuse, arbre qui empêche une construction pour laquelle un permis a été délivré, ou aménagement d’une voie d’accès au bâtiment. L’ombre, les feuilles ou le pollen ne sont pas des motifs valables. Dans le périmètre urbain, chaque arbre abattu doit être remplacé par deux, et l’élagage est limité à moins de 20 % du volume des branches sur deux ans.
- Sainte-Adèle délivre un certificat d’autorisation d’abattage d’arbres, par son Service de l’urbanisme.
- Morin-Heights demande de remplir un formulaire auprès de la municipalité pour couper des arbres.
En pratique, faites approuver l’emplacement de la maison avant d’abattre quoi que ce soit : à Saint-Sauveur, c’est le permis de construction ou le certificat d’autorisation délivré qui justifie l’abattage d’un arbre gênant la construction.
Où placer la maison sur un terrain boisé en pente?
Là où le relief, les arbres et l’installation septique le permettent. La Loi sur l’aménagement et l’urbanisme autorise les municipalités à régir ou à interdire des constructions selon la topographie ou les risques de glissement de terrain (art. 113, al. 2, par. 16). Le règlement Q-2, r. 22 fixe aussi des limites de pente pour le traitement des eaux usées : moins de 30 % pour un élément épurateur classique, avec le roc ou la nappe d’eau à au moins 1,2 m sous la surface (90 cm après un traitement secondaire). D’autres systèmes demandent une pente de 10 % ou de 15 % au plus.
L’arpenteur-géomètre traduit ces contraintes sur plan. Les municipalités exigent souvent un projet d’implantation, qui situe la future maison par rapport aux limites du terrain, avant de délivrer le permis de construction (OAGQ). Une fois le projet approuvé, l’arpenteur-géomètre piquette l’emplacement sur le terrain.
Comment protéger les arbres pendant le chantier?
Le guide Protection des arbres lors des travaux de Saint-Sauveur (2024) donne une méthode précise, utile même ailleurs. Chaque arbre près des travaux a une zone de protection optimale (ZPO), un cercle dont le rayon dépend du diamètre du tronc :
| Diamètre du tronc à 1,4 m | Rayon de protection |
|---|---|
| 7,5 à 25 cm | 3 m |
| 26 à 50 cm | 6 m |
| 51 à 75 cm | 9 m |
| 76 cm et plus | 15 × diamètre en cm ÷ 100, en mètres |
Tout arbre dont la ZPO se trouve, même en partie, à moins de 5 m de la zone des travaux doit être :
- identifié clairement sur le chantier;
- clôturé à la limite de sa ZPO, avec une clôture d’au moins 1,2 m de haut (une clôture à neige convient);
- à défaut de clôture, protégé par des madriers autour du tronc sur au moins 1,8 m de haut, et par une toile géotextile recouverte de 300 mm de copeaux de bois là où passe la machinerie légère (5 tonnes ou moins, 10 jours au plus), ou de 500 mm de pierre concassée pour la machinerie lourde;
- arrosé une fois par semaine, de mai à la fin de septembre, pendant les travaux.
Le niveau du sol dans la ZPO ne doit pas changer. S’il faut l’abaisser, un mur de soutènement ou un monticule garde le sol à sa hauteur initiale sur au moins 2 m autour du tronc. S’il faut le rehausser de 15 à 40 cm, on étend du gros gravier ou de la terre franche sablonneuse pour aérer les racines; au-delà de 40 cm, on pose des drains agricoles. Les racines de 1,5 cm et plus brisées pendant l’excavation se coupent net, au sécateur ou à la scie.
Que faut-il savoir sur l’installation septique?
Si le terrain n’est pas desservi par un égout municipal, la maison a besoin d’une installation conforme au Règlement sur l’évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées (Q-2, r. 22) :
- Le permis d’abord. Il faut un permis de la municipalité avant d’entreprendre les travaux (art. 4). La demande comprend une étude de caractérisation du site et du terrain naturel, qui mesure notamment la pente et le niveau du roc et des eaux souterraines (art. 4.1). Pour une résidence, elle est signée par un professionnel (art. 4.3).
- Des distances à respecter. Un système non étanche doit être à au moins 2 m d’un arbre ou d’une limite de propriété, 3 m du haut d’un talus, 5 m de la maison, 15 m d’un lac, d’un cours d’eau ou d’un marais, et de 15 à 30 m d’un puits selon son type (art. 7.2).
- Une surface gazonnée. Le terrain récepteur d’un élément épurateur classique doit être recouvert de sol et stabilisé avec de la végétation herbacée (art. 24).
- La vidange. Une fosse septique utilisée à l’année doit être vidangée au moins une fois tous les 2 ans, et tous les 4 ans en usage saisonnier (art. 13).
Et aux Boisés du Sommet?
Nos 37 terrains boisés, de 4 893 à 26 721 m², s’étendent entre les villages de Morin-Heights et de Saint-Sauveur. Avant l’achat, notre équipe répond à vos questions sur les règles propres au terrain qui vous intéresse. Voyez chaque terrain sur la carte 3D.
Sources
- Ville de Saint-Sauveur, Protection des arbres lors des travaux (guide, 2024)vss.ca
- Ville de Saint-Sauveur, Abattage d’arbresvss.ca
- Ville de Sainte-Adèle, Demande de permisvdsa.ca
- Municipalité de Morin-Heights, Réglementation et permismorinheights.com
- Gouvernement du Québec, Plantation et abattage des arbres (guide La prise de décision en urbanisme)quebec.ca
- LégisQuébec, Loi sur l’aménagement et l’urbanisme (A-19.1)legisquebec.gouv.qc.ca
- LégisQuébec, Q-2, r. 22, Règlement sur l’évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isoléeslegisquebec.gouv.qc.ca
- Société internationale d’arboriculture du Québec (SIAQ), Bienfaits des arbressiaq.org
- Ordre des arpenteurs-géomètres du Québec, Implantationoagq.qc.ca
- Arpeo arpenteurs-géomètres, J’ai acheté un terrain et je veux construirearpeo.ca

